Transmettre, protéger, éduquer : au cœur de l’ÉVAR avec Aurélie Gourmelon

Lancement: mars 2022
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Dans cet épisode de Vocation Auteur, Aurélie Gourmelon partage son expérience de l’ÉVAR. Entre transmission, prévention et éducation, elle livre des clés concrètes pour accompagner les élèves au quotidien et oser aborder ces sujets essentiels en classe.

Présenté par Pascale Joly, déléguée pédagogique Hachette Education
Langue : français (France)
Fréquence : un épisode tous les deux mois

Aurélie Gourmelon est conseillère pédagogique dans l’académie de Versailles. Elle a enseigné pendant 15 ans, en maternelle et en élémentaire, et forme aujourd’hui les enseignants à l’Éducation à la Vie Affective et Relationnelle (ÉVAR).

Qu’est-ce que l’ÉVAR ? C’est un enseignement transversal au champ large, parfois à la croisée de l'EMC, qui permet de faire de la prévention contre tout type de violence sexuelle, mais aussi d'aborder des notions de sexisme, de stéréotypes de genre, de consentement et bien d'autres encore. 

 

Ce dix-neuvième épisode est aussi disponible sur différentes plateformes d’écoute en streaming.  

 

Pascale Joly : Bonjour Aurélie.

Aurélie Gourmelon : Bonjour.

 

Pascale Joly : Tu as choisi d'introduire ce podcast par la très belle chanson Mistral gagnant de Renaud. Peux-tu nous dire pourquoi ?

 

AG : Oui, parce que Renaud est un chanteur que j'apprécie particulièrement, un poète, je le qualifierais ainsi. Mais surtout, Mistral gagnant c'est une chanson sur la transmission, sur le regard d'un père sur son enfant. Le regard d'un père qui voit son enfant grandir et ça, ça me parle beaucoup : ce regard bienveillant, attendrissant sur cet enfant qui évolue, qui s'autorise, qui devient autonome. Tout ça me parle beaucoup au regard du sujet de l’ÉVAR.

 

PJ : Pour revenir un petit peu en arrière Aurélie, est-ce que tu peux nous dire quelle élève tu étais ? Est-ce que tu as eu tout de suite une vocation d'enseignante et de conseillère pédagogique ou pas, et nous décrire un petit peu rapidement ton parcours. 

 

AG : J'étais une élève sérieuse, une élève sage. Je pense que les enseignants étaient contents de m'avoir dans la classe. Je ne dérangeais pas, malgré tout, j'étais une élève qui avait besoin de travailler pour réussir…

PJ : Ça ne se faisait pas tout seul.

AG : Voilà, ça ne se faisait pas tout seul. Et du coup si j'aimais beaucoup l'école pour les copains et les copines, ce n'était pas forcément l'avenir que j'imaginais. Je m'imaginais plutôt avocate, j'avais un petit côté aussi rebelle et défenseuse de la veuve et de l'orphelin. Et puis les choses ont changé. J'ai malgré tout aussi un vrai engagement pour le service public et le fait de donner à chacun les mêmes chances, ce qui va un peu avec mon côté rebelle et vouloir défendre les gens dans le besoin. De fil en aiguille… enfin mon parcours universitaire serait un peu compliqué et un peu long, mais je suis arrivée dans l'enseignement et j'ai trouvé une liberté de parole qui m'a convenue, avec laquelle j'ai pu m'épanouir, donc je m'y sens très bien maintenant. 

 

PJ : Quand tu étais avec tes élèves en classe, quelles étaient les valeurs que tu souhaitais leur transmettre dans ton enseignement ? Est-ce que tu peux nous donner deux ou trois clés à transmettre aux élèves dans leur vie ?

 

AG : Oui, je me suis toujours attachée dans la façon de construire mes cours à faire réfléchir les élèves. On parle beaucoup de transmission, c'est vrai, on transmet des savoirs, mais pour qu'ils soient bien reçus et bien intégrés, il faut faire réfléchir les élèves. Il ne suffit pas de « dire » pour qu'ils comprennent et que ce soit intégré.

PJ : Tout à fait.

AG : Donc vraiment cette idée de les faire réfléchir, pour les faire devenir autonomes. Encore une fois, il y a cette question de l'autonomie qui est importante pour moi : qu'ils soient autonomes dans leurs décisions, dans leurs réflexions, tout ça est une suite logique pour qu'ils acquièrent un esprit critique. J’ai souvent eu des petits moments, des projets qui permettaient de mettre les élèves face à des situations qui les obligeaient à réfléchir et avoir un esprit critique face aux situations. 

PJ : C'était quoi comme projet par exemple ? 

AG : Par exemple, une fois je leur ai fait signer une pétition contre l'eau, mais sans leur dire qu'ils signaient une pétition contre ça. Il y avait un mot très scientifique avec tous les effets néfastes de l'eau, à savoir : s'ils ont une consommation excessive, ils peuvent être malades, s'il y en a trop autour d'eux, ils peuvent se noyer. Le document, qui n'était pas de moi, était très bien fait et on a vraiment pris le temps de tout bien lire et de détailler. Après je leur ai demandé ce qu'ils en pensaient. Et s'ils voulaient signer la pétition, ils pouvaient le faire. Une fois qu'on avait fait tout ce travail-là, on a repris tout le texte. On a tout décortiqué et je leur ai fait comprendre qu'ils avaient signé une pétition contre l'eau. 

PJ : Et alors ?

AG : Ça les a bien fait rigoler. 

PJ : Oui ?

AG : Ils se sont rendu compte que, quand même, ça demandait vraiment de réfléchir avant de signer un papier. Après ils se sont amusés à le faire avec leurs parents et quelques parents ont signé. 

PJ : D'accord, pas tous, quelques-uns seulement. 

AG : Pas tous.

 

PJ : Le sujet dont on va parler, tu y as contribué : tu as fait partie du groupe sur les nouveaux programmes ÉVAR en primaire et en collège. Qu'est-ce qui se cache derrière le mot ÉVAR, est-ce que tu peux nous en parler un petit peu plus ? 

 

AG : Alors je dirais deux choses : l'ÉVAR c'est avant tout un objectif de protection de l'enfance. C'est vraiment nécessaire que les enfants aient la connaissance de leur corps, de leurs droits. Qu'ils soient en capacité, si ce n'est de se défendre parce qu'ils ne sont pas responsables de ce qui leur arrive, mais au moins de pouvoir signaler et de savoir à qui signaler. C'est l’un des éléments qui me semble essentiel. Après, je dirais au sens plus large ce que j'ai l'habitude de dire en formation : l'ÉVAR c'est la vie. Parce qu'en fait il n'y a pas un seul instant dans notre vie qui n'est pas traversé par une notion d'ÉVAR. À partir du moment où on prend une décision, il y a la question du consentement qui se joue, à partir du moment où on est dans une relation à l'autre, il y a les questions de consentement, d'intimité.

PJ : Oui c'est au quotidien finalement.

AG : Voilà c'est du quotidien. C'est très, très large, et en même temps c'est vraiment très nécessaire. 

 

PJ : Tu as fait partie du GEPP, qui est donc le Groupement d'élaboration des projets de programme de l'éducation à la sexualité. Qu'est-ce qu'il est ressorti des réflexions dans ce groupe ?

 

AG : Ce qu'il en est ressorti c'est un projet de programme qui a été lu, relu, validé par les instances, qui a suivi le même parcours que tous les programmes. Moi je dirais que ce que j'en ai ressorti c'est vraiment une richesse ! Jusque-là, la connaissance que j'avais des programmes, c'était la connaissance de l'enseignante qui lit les programmes, qui sont écrits et qu'il faut appliquer. Et là, c'était très intéressant de faire le travail inverse, de réfléchir. D'autant plus que c'était des nouveaux programmes, qu'il n'y avait pas de programme existant, donc on est vraiment parti d'une page blanche. 

Cette question de « Par quoi on commence ? Comment on organise ? Une fois qu'on a organisé, quel mot on emploie ? », de se rendre compte à quel point chaque mot est réfléchi, chaque mot est pesé, les propositions qu'on fait. En tant que conseillère pédagogique, il y a aussi un aspect très frustrant, parce qu'il faut écrire, mais c'est un programme, ce n'est pas un plan de formation.

PJ : Tout à fait.

AG : On aurait envie de dire : on va leur dire de faire ça, puis on va leur expliquer comment, mais bon, sinon les programmes vont faire 500 pages, ça devient illisible. Donc ça, ça a été un peu, oui, un peu frustrant. Mais par contre, de travailler en inter-degré, de partager le premier degré et le second degré, et de s'échanger, d'avoir une lecture et un regard l'un sur l'autre, ça permet d'avoir des points de vue différents, d'avoir du recul aussi, d'avoir une continuité. Et puis aussi, en interdisciplinarité, parce qu'on n'était pas que des enseignants ou conseillers pédagogiques. Il y avait des IEN, bien sûr, mais on est plutôt dans le même corps, dans la même discipline. Il y avait aussi des spécialistes dans le second degré, avec de la philo, de la bio, mais aussi des infirmières, une sociologue. C’était très diversifié. C'est vraiment intéressant d'avoir ce point de vue très varié.

 

PJ : Alors, quels sont les conseils que tu donnerais aux enseignants en tant que conseillère pédagogique aussi, sur l’ÉVAR ? Comment tu fais dans tes formations ? Qu'est-ce que tu leur dis pour les rassurer ?

 

AG : La première chose que je leur dis… j'aime bien prendre le tableau qui est au début des programmes, où il y a les grandes questions, avant de rentrer dans les détails. Ce tableau où vous avez trois colonnes dont une par niveau. Et je leur dis : on va commencer par prendre ça et on va entourer tout ce qu'on fait déjà dans la classe. 

PJ : C'est ça, oui.

AG : Voilà, se rendre compte que déjà, il y a beaucoup de choses de faites. Et donc, le premier conseil à ce moment-là c'est : bon maintenant que vous savez ce que vous faites déjà, c'est de l'expliciter. Parce que s'ils n'en ont pas conscience, c'est parce qu'ils ne l'explicitent pas forcément. C’est de pouvoir dire aux élèves : « vous voyez, à ce moment-là, on est en train d'apprendre ça, on est en train de réfléchir à ça. » Ça, c'est la première chose. 

Après, la deuxième chose ce sont les séances : ils savent faire. Les enseignants, c'est leur métier de construire des séances. Donc, pour ça, ils n'ont pas tellement besoin de moi, ils sont très créatifs, ils ont plein d'idées. Mais par contre, et c'est vraiment là-dessus que j'axe beaucoup mes formations, c'est sur les enjeux. Avoir une connaissance fine des enjeux de chaque notion c’est : en quoi être au point sur cette notion là, c'est important pour l’enfant ? Qu'est-ce que ça engendre ? Quand on a tout ça en tête, ça permet aussi de changer sa posture d'enseignant, dans sa façon de répondre aux élèves, dans le langage qu'on va employer avec les élèves. Ça permet après, nous, en tant qu'adultes, d'évoluer et de pratiquer autrement. 

PJ : Quels sont les sujets qui sont traités dans le cadre de l'ÉVAR ? 

AG : Alors, il y en a un certain nombre… 

PJ : Oui, les principaux.

AG : Je dirais que les plus grands, sur le premier degré, j'insiste bien. 

PJ : Oui, on parle du premier degré. 

AG : Il y en a d'autres mais : les secrets, les adultes de confiance, le consentement, les droits de l'enfant, l'intimité. Voilà, ça, c'est l'essentiel. Et après, il y a quelques sujets annexes qui sont malgré tout très importants, mais faire la différence entre aider et participer, entre dénoncer et signaler, entre l'autorité et la domination. C'est là où on voit tous les liens aussi que l'on peut faire avec l’EMC, parce que ce sont aussi des notions qui apparaissent dans les relations déjà entre les enfants, dans les relations d'amitié.  

PJ : La question que posent souvent les enseignants c'est : comment l'organiser dans la classe ? Parce qu'il n'y a pas d'heures dédiées. Est-ce que vous répondez à cette question ? 

AG : Oui, alors oui, j'y réponds.

Il y a une première chose, c'est que c'est un programme qui a été fait en parallèle, des programmes d’EMC : avec des sujets communs, et avec les programmes de science aussi, si je prends la reproduction, par exemple. Donc ça, ça fait déjà des heures qui existent. L’EMC et les sciences ont des heures dédiées. 

PJ : D’accord.

AG : Donc ça fait une partie, une infime partie, mais ça en fait partie quand même. Et après, vraiment le secret, c'est la transversalité. C'est d'utiliser l'ensemble des disciplines pour justement tirer ses fils et revenir, comme tu disais tout à l'heure, à l'explicitation. C'est d'utiliser un album de littérature de jeunesse pendant le cours de français et de tirer les fils autour des stéréotypes, autour des réactions des personnages, des émotions des personnages. Ça va être en EPS, la manière dont on constitue les équipes et le bilan de ce qui s'est fait, comment on aurait pu jouer autrement. Et là aussi, on met en avant la solidarité, l'empathie et l'égalité filles-garçons. Je pourrais donner d’autres exemples, il y a beaucoup des disciplines, mais il y a quelques séances dédiées quand même, bien sûr, pour que les sujets soient bien posés. 

PJ : Tout à fait.

 

PJ : Qu'est-ce que tu leur donnes, Aurélie, comme conseil pour communiquer auprès des parents sur ces sujets sensibles souvent ? 

 

AG : Les conseils que je vais donner, ce sont ceux que les programmes donnent. C'est d'être transparent à la réunion de rentrée, pour dire qu'il y aura de l’ÉVAR de fait. Il y a un flyer qui est très bien fait par l'Éducation nationale pour les parents à la rentrée, où il y a l'essentiel des sujets du cycle qui vont être abordés. Et après, c'est vraiment de se dire que les parents se posent beaucoup de questions, que l'actualité ne facilite pas depuis un certain temps. 

PJ : C’est sûr.

AG : Je dirais même bien avant toutes ces situations qu'on a pu rencontrer avec les questions du périscolaire, mais déjà sur les fantasmes qu'on pouvait poser sur l’ÉVAR déjà avant. Donc, se mettre à la place des parents et se dire que quand on entend tout ça et qu'on ne sait pas comment ça se passe à l'école, on a quand même de bonnes raisons d'être inquiets. 

PJ : J’imagine.

AG : Donc : de la pédagogie, écouter les parents, leur demander ce qui les inquiète, répondre à leurs questions. Et pour l'avoir fait un certain nombre de fois, en recevant des parents inquiets et en leur expliquant…

PJ : Ça dédramatise ?

AG : Ça redescend vraiment comme un soufflé. Quand on leur dit, si je prends l'exemple de la masturbation, comme si on allait apprendre aux enfants à se masturber à l'école, il suffit de sortir les programmes et de leur demander où est-ce qu’ils ont lu ça. Comme ils ne le trouveront pas, on est assez vite tranquille sur le sujet. 

PJ : D'accord.

 

PJ : tu es l'auteur, chez Hachette, du livre Enseigner l'éducation à la vie affective et relationnelle, qui va de la petite section au CM2, qui est parue dans la collection « Pratiquez autrement ». Est-ce que tu peux nous parler un petit peu de ce projet ? 

 

AG : Oui, alors, c'est un projet qui a commencé, je dirais en 2021-2022, puisque j'ai proposé un premier projet à Hachette, à ce moment-là, qui a donné lieu à un livre qui est sorti en 2023. Il s'appelait Aborder l'éducation à la sexualité. Tout ça, c'était avant les programmes, mais c'était déjà un sujet qui me tenait à cœur. Un sujet sur lequel je formais déjà à l'époque, et qui était déjà dans la même organisation, à savoir : une partie pour répondre aux questions des enseignants et une partie pour leur proposer des pistes de mise en œuvre. On a gardé ces deux parties, sauf que depuis, j'ai rencontré beaucoup de nouveaux enseignants tout au long de mes formations. J'ai continué à tester, puisque tout ce qui est proposé en piste de travail, je les ai testés en classe. J'ai continué à tester des choses et à en faire des nouvelles. Et puis, tout a été remis au goût du jour, pour que ce soit conforme aux programmes. 

Ils trouveront vraiment les réponses à leurs questions, autant sur la communication avec les parents que sur les questions qu'ils se posent eux-mêmes vis-à-vis de la classe, la façon de répondre aux élèves, et puis des propositions de mise en œuvre qui sont à compléter avec les documents d'accompagnement ministériels. 

 

PJ : Pour conclure ce podcast, je t'avais posé la question de ton livre préféré et de pourquoi tu l'as choisi ?

 

AG : J’ai choisi Les quatre filles du docteur March. Ça boucle un peu, la boucle du début, toujours sur cet esprit rebelle. J'étais très admirative de Joe, cette fille autonome qui veut vivre sa vie. Je pense que ça a été un modèle pour moi à l'adolescence.

PJ : Un bon modèle. 

AG : C'est l'essentiel, oui. Et c'est un livre, encore une fois dans la transmission, c'est un livre que j'aurais voulu que ma fille lise. C'est un petit échec pour moi. Je lui ai transmis trop tôt. 

PJ : Elle aura peut-être envie de le lire plus tard, qui sait.

AG : Voilà, c'est ça. Mais il faut attendre quinze ans et je lui ai donné à douze... 

PJ : Elle était peut-être un peu jeune.

AG : C'est ça. 

 

PJ : Qu’elle est ta citation préférée Aurélie ? 

 

AG : Ma citation préférée, c'est Maria Montessori, dont je me suis beaucoup inspirée dans sa pratique pédagogique, puisque moi, quand j'étais en classe, je travaillais beaucoup selon ce principe des ateliers autonomes. Il y a des mots qui reviennent quand même beaucoup... 

Et en fait, l'une des phrases de Maria Montessori c'est : « Aide-moi à faire seul. » Et c'est vraiment ça pour moi l’ÉVAR. C'est les aider à pouvoir être autonome, à prendre des décisions, à pouvoir vivre seul. Mais pour ça, il faut être accompagné. 

PJ : Bien sûr. 

 

PJ : Alors, pour conclure ce podcast, quel message souhaiterais-tu adresser à tes collègues enseignants ?

 

AG : Quel message voudrais-je leur adresser ? Vous faites déjà plein de choses.

PJ : Oui, les encourager.

AG : Vous faites déjà plein de choses, vous savez faire plein de choses, vous avez plein d'idées, n'ayez pas peur. Nous aussi, les enseignants, on est un peu influencés par ce qui se dit dans les médias. Du coup, on a des craintes qui, au final quand on le fait, les enfants n'attendent que ça. Ils ont envie de parler de tout ça. Ils ont des questions. Ça crée un lien de confiance aussi avec les enfants de faire de l’ÉVAR parce qu'ils voient qu'ils ont un adulte en face d'eux qui est prêt à les écouter.

PJ : Ils répondent à leurs inquiétudes.

AG : Voilà. Ça leur fait un espace de parole, d'écoute, différent et complémentaire de la famille. Et c'est essentiel pour les enfants. 

PJ : C'est essentiel.

AG : D’avoir plusieurs espaces de parole. Moi, je vois l’ÉVAR comme quelque chose de joyeux, d'agréable, une vraie relation, une complicité qu'on peut mettre en place avec les élèves. Allez-y, lancez-vous et vous verrez que les craintes tombent très vite. Un exemple que je peux vous donner, je pense qu'il peut illustrer ce que je viens de dire, c'est qu'une fois, je suis allée dans une école, j'ai fait dans la matinée quatre classes, quatre séances différentes dans chacune de ces classes. Et quatre fois, j'ai eu la même réaction des enseignantes qui m'ont dit : « Ah, mais en fait, c'est facile.  Mais moi, je peux le faire, ça. » Il suffisait de leur montrer... je pense qu'elles s'imaginaient quelque chose d'énorme.

PJ : On va finir là-dessus. C'est facile, lancez-vous. Voilà le message.

AG : C’est ça.

PJ : Merci Aurélie, vraiment, pour cet entretien très riche et utile. Et pour les enseignants qui ont aimé cet épisode, n'hésitez pas à liker. Au revoir, bonne fin de journée.

AG : Au revoir.

 

 

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